vendredi soir 12 juin 2009 à Essert ( Territoire de Belfort) par madame Anne-Marie NIELOUD et M. Pierre SAUGY, apiculteurs :
Devant une assistance variée ( jeunes enfants, jeunes adultes, couples adultes
et seniors), néophytes et quelques apiculteurs ( dont certains pluriactifs, en présence de monsieur le maire, ce fut une causerie animée, un débat et échanges de
points de vue, plutôt qu’une conférence magistrale, et le temps a passé bien vite.
Une ruche complète ( mais sans les abeilles !) est présentée
avec ses composants :
Plateau aéré
Corps de ruche en bois
Hausse ( à noter le système d’attache qui marie la hausse et le corps , pour la transhumance)
La plateau couvre-cadres
Le toit
Acôté, est exposée une ruchette vitrée présentant un cadre et ses abeilles, objet de curiosité ( et de pédagogie) pour petits et
grands
Les accessoires de l’apiculteur ( gants, balayette, lève cadre etc..) sont
présentés dans leur boîte à outils de transport, et ce à côté de l’enfumoir.
On voit également sur la table : pots de miel et de pollen.
P.Saugy fait remarquer que le pollen est difficile à récolter car les abeilles, astucieuses , ont vite compris l'usage de la grille ( destinée à leur faire laisser les pelotes de
pollen qu'elles transportent, pour franchir la grille à l'entrée de la ruche), et passent de biais avec leurs pelotes !!
IL explique l'extraction du miel, après l'opération de déoperculation ( qu'il pratique lui avec une fourchette ou "herse", parle de 2 types d'extrcteurs :
tangentiel , ou radiaire.
Il montre le cadre avec "sections" pour fournir le miel en rayons ,
ou brèches ( comme au temps de nos parents)
Les questions fusent:
- réglementation pour installer des ruches : la réglementation dans le 90 est régie par un arrêté préfectoral impliquant une distance de 25 m d'une propriété voisine, et 5
mètres derrière les ruches, sinon une haie de 2 mètres de haut.
-déplacement des ruches: il faut, même si on ne change pas de département, demander aux services vétérinaires du 90 une visite sanitaire: le spécialiste apicole
vérifiera l'état de santé des ruches, pour délivrer la carte pastorale.
( les spécialistes apicoles ne sont que deux dans ce département, ils ont une longue expérience, mais ne peuvent être partout)
- essaimage: quand la colonie n'a plus assez de place, notamment quand la reine n'a plus de place pour pondre), elle va chercher ailleurs
un essaim ne pique pas ( les abeiles sont gorgées de miel)
l'essaimage artificiel consiste à couper la colonie en deux, de façon à en constituer une nouvelle ( les abeilles vont élever une reine).
- la pollinisation: sans les insectes pollinisateurs, 80% des plantes à fleurs disparaîtraient
les abeilles font évoluer le sespèces végétales en déplaçant les pollens de fleurs en fleurs , ce qui donne ainsi naissance à des hybrides.
Le paysage agricole a changé: on a des cultures
intensives; en supprimant les haies le remembrement a détruit des arbustes et des plantes mellifères; on a moins de variétés de fleurs; en outre les machines des exploitations agricoles
coupent très tôt le foin.
D'autres problématiques , graves, sont préoccupantes pour la survie de nos abeilles..
*
outre les ours, loirs, piverts, nous connaissions le frelon Crabo, c'est maintenant
le frelon asiatique qui pose problème ;
bien installé dans le sud-ouest, il s'approche de notre région franc comtoise ( NDLR: je confirme, il est en Bourgogne, nous l'avons rencontré au sud de
Dijon)
son nom scientifique est Vespa Velutina
c'est un prédateur à qui il faut une abeille toutes les 30 secondes; en 2 heures 10 frelons déciment une ruche !
pour la petite histoire, il semble avoir été importé par le biais de faïences de Chine.
Son nid a un mètre de haut sur 80 cm de diamètre, parfois placé très haut, d'où la difficulté à le détruire
Inquiétant: une piqûre de frelon équivaut à 135 piqûres d'abeilles ou 34 piqûres de guêpes!!!
( guêpes dont un nid est exposé):
* les acariens tels le varroa sont des parasites de l'abeille, les apiculteurs présents en ont vécu la triste expérience, et s'interrogent toujours
sur le traitement adéquat..( Apivar, Apistan?)
* les pesticides
Mme Nielloud projette le DVD " le Titanic Apicole"
L'asistance est particulièrement émue par les témoignages des apiculteurs , catastrophés par la destruction de leurs colonies suite aux traitements des semences par le Gaucho, le
Cruiser etc...
J'apprends que la rémanence des pesticides est de 5 à 10 ans, et que la durée de vie de l'insecticide ( le temps au bout duquel il n'en reste plus que la moitié ) est de 9 mois.
En France il s'utilise par an 85.000 tonnes de pesticides.
On préconise aux jardiniers d'utiliser plutôt de l'eau chauffée à 95 °.
Le Cruiser, lui, se transmet dans l'eau qui exsude de la plante, les abeilles boivent cette eau et meurent en 5 minutes.
Cette perte des abeilles est particulièrement importante en Allemagne ( surmortalité de 60%), en Alsace aussi.
Sur la France entière la moyenne de surmortalité est de 40%.
Cet effrondrement des colonies ( appelé "bee collapse desorder" aux USA et Canada) est un phénomène mondial.
Echanges de points de vue et observation de tout ce qui est exposé ( les enfants s'intéresent beaucoup au monde des abeilles)
Pour finir positivement:
* madame Nieloud demande à l'assistance d'identifier ce petit carré jaune distribué à l'arrivée: c'est un petit morceau de cire gaufrée
, où l'on peut remarquer les alvéoles recto et verso: la géométrie est la même, mais décalée, cela
pour donner plus de matière à l'abeille pour créer des alvéoles plus profondes.
* remarque d'un apiculteur : la production française de miel ne couvre que la moitié de la demande des consommateurs
* madame NIELOUD et monsieur SAUGY indiquent que dans la communauté d'agglomération du pays de Montbéliard, à Vandoncourt, à la maison des vergers, il y aura une miellerie
Une remarque personnelle à l'issue de cette sympathique causerie:
devant moi, se trouvait un (très) jeune couple, captivé par le sujet, je veux y voir un message d'espoir ...
je suggère de lire l'excellent ouvrage de M.SCIPION ( nos parents l'ont bien connu), livre qui se trouvait ce soir sur une des tables:
P.S: il cotoyait une souris "fossilisée" dans la propolis ( les abeilles, après avoir neutralisé cet intrus par piqûres, ne pouvaient plus le sortir, et l'ont donc
"momifié" sur place, enfin c'est mon interprétation !)
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